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8 - 08 - 2017

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Animaux & guerres, épisode 1 : Homme-animal

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Figurines en plomb d’un signifer et de deux cornicen de l’armée romaine, réalisées dans les années 80 et appartenant à la collection Loriot. Le signifer est un sous-officier qui porte l’enseigne manipulaire, signal visuel qui permet de diriger les manœuvres. Les signarü marchent en têtes des unités et sont très exposés. L’aenatores transmet les ordres par des indications sonores et n’a quant à lui pas besoin d’évoluer en première ligne. Les figurines ci-dessus sont exposées dans les cabinets insolites du musée. Elles représentent des soldats romains protégés et identifiables grâce à la dépouille complète d’un fauve qui couvre leur tête et leur dos, à l’image du héros Hercule. Les auteurs anciens mentionnent peu ces soldats et la diversité des dépouilles dont ils sont vêtus – lion, ours, loup, tigre… – relève plus d’une interprétation que de l’exploitation des sources. © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Émilie Cambier, Pascal Segrette

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Bourguignotte au griffon, attribuée à Giovanni Paolo Negroli (1513-1569). Poils, plumes, écailles, bec, dents acérées et nageoires reproduits dans le métal par les techniques du repoussé, de la gravure, sur cette défense de tête de parade. © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Sebastian Straessle

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Armure aux lions attribuée à Giovanni Paolo Negroli (1513-1569). Le mufle du lion de Némée, faisant référence au premier des douze travaux d’Hercule, figure sept fois sur cette armure dont il décore la tête, les épaules, les coudes et les mains. Elle est exposée dans la salle royale du département des armes et armures anciennes du musée de l’Armée. © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Pascal Segrette

Homme-animal

Métamorphose

L’Homme compte parmi les prédateurs dans l’ordre animal. Il n’a pourtant ni la force, ni l’agilité, ni la rapidité de la plupart des grands dominants au sommet de la chaîne alimentaire. Admiratif de ces derniers, il observe leur technique de chasse, imite leurs cris parfois et surtout se pare de leur dépouille pour s’approprier, au moins symboliquement, la puissance, le courage, la vigueur et toutes les qualités de ces animaux. Il s’empare de leur apparence ou de leur nom pour être reconnu parmi les siens ou pour impressionner l’adversaire.

Impressionnant couvre-chef

Dans les temps anciens, le guerrier se pare de la dépouille complète de l’animal qui est ainsi immédiatement identifiable. Puis avec l’évolution des techniques, des combats, mais aussi des pratiques culturelles de la société dans laquelle il vit, ce sont seulement les parties les plus significatives et les plus expressives de l’animal que le guerrier place ou reproduit à certains endroits de son équipement. Le couvre-chef, ou coiffure, qui augmente généralement la taille du combattant et lui confère une présence particulière, devient l’une de ses parures les plus importantes dans de nombreuses cultures.

Poils, plumes, peaux

Ces matières animales sont choisies pour leur beauté, pour leur rareté qui fait leur valeur, ou encore pour leurs qualités de résistance, d’imperméabilité, de légèreté, etc.

Des auteurs anciens rapportent que dans les armées de l’Empire romain d’Occident, les porte-enseignes ou signarü sont coiffés de bonnets en poils d’ours. Les grenadiers de la Garde impériale de Napoléon Ier (1769-1821), ou aujourd’hui encore, les célèbres Welsh Guards de l’armée britannique portent également un bonnet présentant une pièce de fourrure d’ours.

Pline écrit que, pour rappeler leurs victoires en Afrique, les Romains garnissent de plumes d’autruche la partie supérieure de leur casque, le cimier. Les coiffes de guerre des Indiens Sioux et Cheyennes sont formées de plumes d’aigles, animaux respectés pour leur puissance et leur beauté, mais aussi considérés comme des intercesseurs auprès des forces divines dont il importe de s’assurer la protection.

Dans l’Antiquité, les Scythes et autres peuples orientaux confectionnent des coiffures de guerre en cuir de bœuf, épais et protecteur. Les casques à pointe des soldats allemands sont encore en cuir bouilli au début de la Première Guerre mondiale.

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