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15 - 09 - 2017

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Animaux & guerres, épisode 10 : Le tigre

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Pavillon annamite de la fin du XIXe siècle © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Anne-Sylvaine Marre-Noël

Ce pavillon orné d’un tigre blanc a été ramené du Tonkin par l’armée française en 1885, avec huit autres drapeaux. Il est présenté sur l’une des corniches de la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides. Les Pavillons noirs ont joué un rôle dans l’opposition à l’impérialisme français au Tonkin à la fin du XIXe siècle. Symbole de la domination et de la férocité pour les Chinois, le tigre blanc représente aussi l’ouest dans les points cardinaux ainsi qu’un des douze signes du zodiaque chinois. Il figure sur le carré des mandarins militaires du 4e rang (sur 9 rangs). Il est enfin associé à l’automne et à la couleur blanche dans les cinq éléments chinois.

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Canon El Tigre. Ce canon de 12 en bronze porte les armes de Charles III (1716-1788), roi d’Espagne. Le nom du canon, El Tigre, figure sur l’avant de l’arme près de la bouche. Cette pièce d’artillerie a été saisie par les Français à Saint-Jean-d’Uloa au Mexique, dans l’État de Veracruz, en 1838. Un autre modèle de ce canon « Tigre », aujourd’hui conservé au château de San Cristóbal à Santa Cruz de Tenerife est devenu légendaire car il a tiré le boulet qui a blessé l’amiral britannique Nelson (1758-1805), entraînant la perte de son bras droit pendant la bataille de Santa Cruz le 25 juillet 1797. © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Émilie Cambier.

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Insigne du 9e Régiment de Zouaves. Le 9e RZ est formé en 1914. Il se distingue lors des deux guerres mondiales, obtenant la Légion d’honneur et plusieurs citations à l’ordre de l’Armée. En décembre 1914, l’état-major surnomme les zouaves « les tigres du 9e », en raison de leur courage. L’insigne, créé vers 1935, représente un tigre d’or strié d’émail noir sortant d’un « neuf » d’émail rouge et d’un « Z » d’émail bleu entrelacés. Sur le neuf, la devise du 9e Régiment de Zouaves apparaît en lettres d’or : « CHACALS EN ALGÉRIE – TIGRES À VERDUN ». Le régiment est dissout en 1962. © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Émilie Cambier.

Le tigre

Puissance et crainte

Le pouvoir symbolique du tigre, alliant force et puissance, est avéré depuis l’Antiquité. Les dépouilles de tigres sont utilisées comme parures de guerre par les combattants, qui se réapproprient les qualités de l’animal. Le fauve orne également plusieurs insignes de régiments. Cette appropriation symbolique se poursuit par exemple lors de la guerre civile au Sri Lanka (1983-2009) qui oppose les forces gouvernementales à majorité cinghalaise aux indépendantistes tamouls, les Tigres de libération de l’Îlam Tamoul (LTTE). Cette organisation séparatiste fondée en 1976, milite alors pour la création d’un état indépendant, le Tamil Eelam. Les Tigres tamouls ont mené des actions de guérilla et des attentats terroristes.

Machine de guerre

Est-ce en raison de ses qualités guerrières que le tigre devient le nom de machines de guerre ? Le musée expose plusieurs armes portant le nom du fauve, comme un canon espagnol du XVIIIe siècle ou un fusil fabriqué vers 1700, utilisé par plusieurs empereurs chinois du XVIIe au XIXe siècle. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le Panzerkampfwagen VI Tiger, ou Tigre I, est un char d’assaut lourd allemand qui apparaît pour la première fois sur le front en 1942, près de Léningrad. Des chars Tigre sont engagés lors de la bataille de Normandie en 1944, mais le manque de mobilité de ces engins ainsi que la fragilité de leur mécanique entraîne leur abandon par leurs servants.

Aujourd’hui, un des hélicoptères de combat utilisé par l’armée française est l’Eurocopter EC665 Tigre, surnommé le Tigre. Développé et construit par Airbus Helicopters, il est mis en service en 2005. Il assure des missions d’appui-protection (Tigre HAP) ou d’appui-destruction (Tigre HAD). Le programme de construction de l’appareil est placé sous la responsabilité de l’organisation conjointe de coopération en matière d’armement européenne, comprenant à l’origine la France et l’Allemagne puis l’Espagne. Les hélicoptères Tigre sont également utilisés par l’Australie.

 

 

 

 

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Aujourd’hui, le logo de la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) représente une tête de tigre et le profil de Clemenceau.

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Illustration d’après un dessin de Sem paru en mars 1919 sur la couverture du journal La Baïonnette. « J’ai cru voir un tigre » dit en 1906, Émile Buré (1876-1952), collaborateur de Clemenceau au journal L’Aurore, puis directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur, en voyant Clemenceau s’en prendre à un préfet. Il combat le gouvernement de Jules Ferry ce qui lui vaut un premier surnom, le « tombeur des ministères ». Il est surnommé le « Tigre » alors qu’il est ministre de l’Intérieur et réputé pour son inflexibilité, sa férocité et son intransigeance. Appelé à la tête du gouvernement pendant la Première Guerre mondiale, sa détermination à poursuivre la guerre lui vaudra un troisième surnom : le « Père la Victoire ». Les « Brigades du Tigre », brigades régionales mobiles, ancêtre de la police judiciaire française, créées en 1907, lui doivent leur nom. © Paris, musée de l’Armée

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