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30 - 10 - 2017

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Animaux & guerres, épisode 20 : Laigle

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Aigle de drapeau portant le n°5, modèle 1804 d’après Antoine Denis Chaudet (1763-1810) et Pierre-Philippe Thomire (1751-1843) © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Pascal Segrette

Symbole du pouvoir impérial, l’aigle orne les étendards de la Grande Armée. L’aigle a la tête tournée vers la  gauche, les ailes déployées, et une serre posée sur le foudre de Jupiter. En-dessous figure le numéro du régiment, ici le 5e. Plusieurs modèles d’aigle se succèdent. Le premier, celui de 1804, a été dessiné par Antoine-Denis Chaudet et fondu par Pierre-Philippe Thomire. La remise des aigles aux régiments donne lieu à une impressionnante cérémonie qui se déroule sur le champ de Mars le 5 décembre 1804 et au cours de laquelle l’empereur fait prêter serment à son armée.

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Revers d’un drapeau autrichien pris par l’armée napoléonienne en 1805. Prendre le drapeau à l’ennemi constitue un symbole fort : moyen de couper les communications entre ses unités et, plus encore, affirmation symbolique de la victoire. Ce drapeau, représentant une aigle bicéphale, symbole du Saint-Empire romain germanique, fait partie des trophées exposés dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides. L’aigle à deux têtes se retrouve dans l’héraldique byzantine puis est devenue symbole du Saint-Empire romain germanique avant d’être reprise par l’Empire d’Autriche. © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Pascal Segrette

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Affiche d’emprunt de la Première Guerre mondiale, Pour le suprême Effort œuvre de Marcel Falter né en 1866, réalisée en 1918. Cette affiche du 4e emprunt national dessinée par Marcel Falter montre un soldat français en uniforme bleu horizon, coiffé du casque Adrian. Il étrangle un aigle noir, emblème de l’Allemagne.  Au sol, le casque à pointe, qui n’est plus porté par les soldats allemands depuis 1915-1916, reste un symbole fort pour représenter l’ennemi. À l’arrière-plan, incendies, canon détruit et arbres rompus rappellent les destructions causées par la guerre et surtout « l’adversaire barbare ». © Paris, musée de l’Armée Dist. RMN-GP / Pascal Segrette

L’aigle

Incontournable

L’aigle, comme le lion est un des emblèmes les plus utilisés dans le monde. Incarnation du dieu des Germains, Odin, l’aigle a régulièrement représenté les empires depuis l’Antiquité. Oiseau du dieu Zeus/Jupiter, il est associé depuis la Haute Antiquité aux victoires militaires.

En français, lorsque le mot aigle désigne non pas l’oiseau lui-même mais sa représentation symbolique, utilisée notamment comme emblème dans le domaine militaire, il retrouve le genre féminin du latin aquila. On parle donc d’une aigle romaine ou d’une aigle impériale.

Emblème de Napoléon Ier

Emblème du Premier Empire, avec l’abeille, choisie par Napoléon Ier pour figurer sur son sceau et ses armes par décret le 21 messidor an XII (10 juillet 1804), l’aigle héraldique symbolise la puissance et la majesté en référence directe à l’aigle de la Rome antique, mais également à celle de Charlemagne. « D’azur à l’aigle à l’antique d’or, empiétant un foudre du même », les armes de l’Empire sont élaborées par Dominique Vivant Denon (1747-1825), Gay et Martin-Guillaume Biennais (1764-1843).

La puissance absolue

Mais l’aigle héraldique figure aussi sur les armes du Saint-Empire romain germanique, de l’empire russe ou encore du Royaume de Prusse : Bismarck, qui réalise l’unité allemande, adopte l’aigle à une tête, symbole qui représente aujourd’hui encore la République fédérale d’Allemagne.

Pendant la Première Guerre mondiale, l’aigle devient en France symbole de la puissance ennemie, opposée au coq, et se retrouve à de nombreuses reprises sur des affiches de propagande où l’ennemi est représenté outrancièrement par ce symbole, jusque dans les chansons patriotiques tel Verdun ! On ne passe pas (1916) :

 

Un aigle noir a plané sur la ville,

Il a juré d’être victorieux,

De tous côtés, les corbeaux se faufilent

Dans les sillons et dans les chemins creux.

Mais tout à coup, le coq gaulois claironne :

Cocorico, debout petits soldats !

Le soleil luit, partout le canon tonne,

Jeunes héros, voici le grand combat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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