Sélectionner votre langue : Français

15 - 11 - 2017

MA_Animaux_ep23_FR

Animaux & guerres, épisode 23 : Décor de l’Hôtel des Invalides

MA BA Animaux 2301 300x200 Animaux & guerres, épisode 23 : Décor de l’Hôtel des Invalides

Trois lucarnes situées sur les toits de la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP / Émilie Cambier

De nombreux animaux allégoriques ornent les soixante lucarnes de la cour d’honneur. Les trois ci-dessus, présentent par exemple des dauphins ou des lions sculptés. Ce dernier animal est sans conteste le plus fréquemment représenté.

MA BA Animaux 2302 203x300 Animaux & guerres, épisode 23 : Décor de l’Hôtel des Invalides

La lucarne aux deux têtes d’éléphant est associée à la devise : Omnes delenturab uno elephas (Les éléphants les écrase tous). Et pour la 2e lucarne : Micat inter omnes iulium sidus (L’astre de Jules brille entre tous).

MA BA Animaux 2303 210x300 Animaux & guerres, épisode 23 : Décor de l’Hôtel des Invalides

Cette lucarne présentant quatre figures animales est associée à la devise : Micat exitale superbis (son éclat est fatal à cent têtes superbes).

MA BA Animaux 2304 207x300 Animaux & guerres, épisode 23 : Décor de l’Hôtel des Invalides

Un coq belliqueux surmonte la lucarne, ses pattes griffent une peau de lion. Plumes au vent, il tourne sa tête en direction d’un lion qui tente désespérément de l’atteindre, toutes griffes dehors. Cette lucarne est associée à la devise : formido rapacis (il est la terreur du fauve)

Décor de l’Hôtel des Invalides

Louis XIV a pris, en 1670, la décision de bâtir l’Hôtel des Invalides pour accueillir les soldats, blessés ou trop âgés pour combattre, au cours de son règne. De nombreux artistes de renom ou anonymes ont contribué au décor du bâtiment. Dans le cadre de l’exposition Animaux & guerres et à l’occasion de la restauration des galeries, façades et toitures de la cour d’honneur, ainsi que du pavillon central de la façade nord, nous vous proposons d’observer les multiples animaux sculptés dans la pierre, dont l’image est associée, directement ou symboliquement, aux guerres.

Pachyderme

Deux lucarnes de la cour d’honneur sont décorées d’éléphants sculptés. L’une d’entre elles fait manifestement référence à un grand conquérant de l’Antiquité auquel le roi Louis XIV se comparait volontiers. S’agit-il d’Alexandre le Grand (356-323 av. J.C.) qui remporta la victoire de l’Hydaspe, fleuve aujourd’hui connu sous le nom de Jhelum, dans le nord du Penjab, aux confins de l’Inde et du Pakistan ? Il y battit l’armée et les 200 éléphants du roi Poros, puis importa ces animaux en Occident.  Est-ce une allusion à Jules César (100-44 av. J.C.) qui affronte victorieusement les éléphants du roi numide Juba Ier, en 46 av J.-C., à la bataille de Thapsus, en Tunisie toujours, avant de recourir lui-même à ces animaux pour effrayer les Gaulois et les Bretons ? Il choisit l’éléphant comme emblème. Deux piques de cornac surmontent les deux têtes d’éléphant. À vous de les retrouver !

Animal enchaîné

L’aigle et le lion enchaînés qui figurent sur la lucarne ci-contre représentent symboliquement les principaux adversaires vaincus par Louis XIV. Ceux de la guerre de Dévolution (1667-1668) sont la monarchie espagnole, le royaume d’Angleterre, les Provinces-Unies et le royaume de Suède. Ceux de la guerre de Hollande (1672-1678) sont les mêmes que les précédents, auxquels il faut ajouter le Saint-Empire romain germanique, la Marche de Brandebourg et le royaume de Danemark-Norvège. Ces animaux allégoriques représentés accroupis, comme écrasés, fixent avec effroi le soleil, emblème personnel du roi. Leurs bec et gueule ouverts semblent implorer sa clémence. Le lion figure sur les armoiries de l’Espagne, en référence au royaume du León, sur celles des Provinces-Unis, du royaume de Danemark-Norvège, ainsi que du royaume d’Angleterre. L’aigle orne les armoiries du Saint-Empire romain germanique et de la Marche de Brandebourg. Le soleil à visage humain est entouré de la massue d’Hercule et d’un bélier, tous deux symboles de force.

Cocorico

Le coq figure sur plusieurs lucarnes de la cour d’honneur, ainsi que sur une peinture murale décorant l’un des quatre réfectoires, aujourd’hui appelé salle de l’Europe. Il est très présent dans la symbolique de Louis XIV. Cet oiseau est depuis l’Antiquité associé au soleil et au lever du jour qui chasse les ténèbres. Il accompagne plusieurs divinités comme Mercure, des auteurs anciens rapportent d’ailleurs que la planète associée à ce dieu se lève en même temps et au même endroit que le soleil. Le coq est aussi l’attribut d’Hélios et d’Apollon, ainsi que de Minerve et de Mars, pour son caractère fougueux et combatif.

Dans l’Antiquité toujours, le coq est notamment associé aux Gaulois, en raison du jeu de mots sur le terme « gallus » désignant à la fois l’oiseau et l’habitant de la Gaule. Dans la Guerre des Gaules, César rapproche la vaillance des Gaulois de celle du coq.  Entre les XIIIe et XVe siècles, les Anglais et les Italiens, hostiles à la présence française, utilisent le coq pour moquer l’orgueil des Français et représentent parfois le bestiaire de leurs armoiries dévorant le gallinacé. Par esprit de contradiction, les Valois et les Bourbons notamment, reprennent peu à peu le coq à leur compte en s’appuyant sur les qualités et vertus qui lui sont associées dans l’Antiquité gréco-romaine : la victoire, l’éloquence, la vigilance, la fécondité…

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires