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6 - 09 - 2017

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Animaux & guerres, épisode 8 : L’éléphant

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Insigne de la 4e Cie de Caterpillar du 84e régiment d’artillerie peint par François Mourgues (1884-1954), vers 1917. © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP Émilie Cambier

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« De l’exercice de la sixiesme classe, asçavoir de batailler avec des Élephants ». L’image de l’éléphant de guerre ci-dessus est extraite de La milice romaine avec la traduction de Flave Vegece en langue Françoise par Johann Jacob von Wallhausen (v.1580-v.1627) ouvrage imprimé en 1616. Wallhausen reprend les illustrations réalisées pour un ouvrage de Godescalcus Stewechius (1557-1588), paru en 1585, lié au traité Epitoma rei militaris (Traité de la chose militaire) également écrit, à la fin du IVe siècle ou au début du Ve siècle, par Publius Flavius Vegetius Renatus, dit Vegece. Cet ouvrage, non illustré, est une compilation des savoirs militaires romains et grecs. Il est copié de nombreuses fois, notamment au moment de la Renaissance. Les illustrations qui l’accompagnent alors s’inspirent des progrès récents de l’archéologie et de la numismatique. Pour autant la taille, la morphologie de l’éléphant, tout comme son harnachement et le nombre de combattants occupant la plate-forme montrent que le graveur a pris des libertés avec la réalité et les proportions. © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Pascal Segrette

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Aérostat en forme d’éléphant.  Article et photo parus dans Le Miroir du 7 octobre 1917. © Paris, musée de l’Armée

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Les éléphants en patrouille. Photographie n°5 du reportage « La section des éléphants et le peloton monté du 3e bataillon de chasseurs cambodgiens », réalisé en août 1952 par le Service Presse Information en Indochine (photographe : Bouvet Robert). © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / image musée de l’Armée

L’éléphant

En service

Ces animaux sauvages sont capturés, puis dressés selon la fonction qui sera la leur.  Dans un contexte militaire, les pachydermes – le mot grec qui les désigne fait référence à la dureté de leur peau qui les protège – peuvent être employés pour les travaux du génie à la construction et à l’aménagement de structures, pour le transport de matériels, de troupes ou de blessés, Ils peuvent aussi devenir une arme sur un champ de bataille ou lors d’un siège. L’éléphant de combat est capturé lorsqu’il est âgé d’au moins 20 ans. C’est un animal très coûteux qui dévore environ 200 kg de fourrage par jour. Il peut vivre jusqu’à l’âge de 80 ans. Les indiens, les Perses, les Chinois, les Carthaginois, les Romains, etc., utilisent des éléphants de combat dès l’Antiquité.

Pachydermes à l’assaut

Pour influencer le cours d’une bataille, il faut que l’éléphant crée la surprise, qu’il épouvante l’adversaire et sa monture traditionnelle, le cheval. Il est moins mobile que ce dernier mais il court tout de même à 30 km/h et sa force d’impact est énorme. Il est en outre entraîné pour balayer le passage ou saisir des adversaires et les lancer à l’aide de sa trompe, à les piétiner… L’effet psychologique est indéniable. Toutefois, même domestiqué, l’éléphant demeure un animal sauvage et il n’obéit qu’à son cornac. Si ce dernier meurt, ou si l’éléphant souffre de blessures, il peut devenir incontrôlable, faire demi-tour en créant le désordre et en semant la mort chez l’adversaire, mais aussi se retourner contre les siens et leur infliger de lourdes pertes.

Une matière précieuse

Une éléphante donne naissance à un seul éléphanteau après une gestation de 20 à 22 mois, qui est suivie d’une période d’allaitement de 36 à 48 mois. En quelques décennies autour de 100 av. J.-C., l’ensemble du cheptel des éléphants d’Afrique du nord a été exterminé. Les animaux étaient alors chassés non seulement pour l’ivoire, précieux et très convoité, de leurs défenses, mais aussi pour fournir les cirques romains qui en faisaient un usage intensif.

Toujours en service

Les Parthes (247 av. J.-C.-224 ap. J.-C.), puis les Sassanides (224-651) utilisent les éléphants surtout comme une plate-forme de tir protégée par une armure en caparaçon. Ils sont accompagnés au combat par des fantassins qui sont chargés de protéger leurs points faibles : le ventre et la face interne des membres. Plus tard encore les combattants installés sur les éléphants sont équipés d’armes à feu. Les éléphants de guerre sont engagés sur les champs de bataille d’Asie du sud-est. Les Vietnamiens les emploient contre les Français en 1885. C’est en 1895 seulement que la British Indian Army démobilise son dernier éléphant de combat. Le pachyderme sert toujours les militaires pendant la Seconde Guerre mondiale, par exemple pour évacuer la Birmanie envahie par les Japonais. Ils sont indispensables pour le transport, l’évacuation sanitaire ou le chargement des avions, et surtout comme auxiliaires du génie pour construire des ponts et dégager les obstacles placés par des adversaires…

Pour en savoir plus : Pierre Schneider, Les éléphants de guerre dans l’Antiquité IVe-Ier siècles avant J.-C. ; Philippe Bondurand, « L’éléphant de combat, ancêtre indomptable du char d’assaut », Guerres & Histoire, n°35, février 2017, p. 56 à 60.

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Olifant taillé dans une défense d’éléphant vers 1200. Cet instrument de musique est présenté dans la salle des Lices du département des armes et armures anciennes du musée de l’Armée. © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP / Pascal Segrette

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Insigne du 504e GTL Groupe de Transport Lourd. La roue dentée rappelle l’arme du Train. Les chars sont symbolisés par des éléphants équipés de roues et d’un canon. © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP / Émilie Cambier

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