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2 - 08 - 2013

Histoire d'Armes bandeau épisode 6

Histoires d’Armes épisode 6 : de près/le mythe de la grande épée

06image01 Histoires d’Armes épisode 6 : de près/le mythe de la grande épée

Epée à deux mains allemande ou suisse, 1ere moitié du XVIe siècle

UNE EPEE INUTILISABLE A CHEVAL

On imagine volontiers les guerriers du Moyen Age comme des colosses, combattant avec des armes d’une taille et d’un démesurés. Autour de l’épée « à deux mains » s’est donc développé un mythe tenace, très éloigné de la réalité. Ces armes, légères et maniables ne dépassent en fait pas 3,5kg, 1,5kg étant le poids moyen d’une épée « à deux mains ».

Ce type d’arme apparaît tardivement dans la panoplies guerrière médiévale : après les grandes défaites de la chevalerie pendant la Guerre de Cent ans, les hommes d’Armes ont pris l’habitude d’abandonner leurs montures, très vulnérables face à des archers, et de combattre en mettant pied à terre. L’épée à deux mains se répand ainsi dans la seconde moitié du XIVe siècle.

Un siècle plus tard, les Suisses créent des bataillons équipés de piques et de hallebardes, donnant à l’épée à deux mains un rôle très précis au sein de ces unités.

UN EMBLEME DES UNITES D’INFANTERIE DE LA RENAISSANCE

Les «  joueurs » d’épée sont présents en petit nombre au sein des Unités d’infanterie car les moulinets qu’ils effectuent sont dangereux pour leurs camarades. Ils ont pour fonction de ménager des brèches dans la forêt des piques adverses en coupant les hampes de ces armes d’hast qui dépassent parfois cinq mètres de long. La lame ondée de leur épée est adaptée à cette mission et le combattant peut « raccourcir » son arme très encombrante en empoignant le talon de sa lame, tout en gardant la main protégée par les deux ergots latéraux.

La multiplication des armes à feu entraîne, dès la seconde moitié du XIVe siècle, la disparition de ces armes spectaculaires qui ne sont plus conservées que comme emblème des unités d’infanterie. C’est à ce titre que l’épée à deux mains est aujourd’hui encore solennellement portée à la tête des gardes suisses pontificaux.

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2 commentaires

  1. 21 août 2013 à 9h56

    ancien |

    Au sujet de cette épée, cette arme porte la cote J 82 et est actuellement conservée en réserve. Elle est datée des années 1540 et comporte, comme beaucoup d'armes blanche contemporaines, une lame de fabrication espagnole.
  2. 12 août 2013 à 18h03

    Pascal GUY |

    Bonjour, pouvez vous me donner les références de la "petite" épée sous l'espadon dans votre illustration ? J'ai ai besoin pour un article de la revue Guerres & Histoire pour laquelle vous nous avez donné à peu près la même photo. Merci car je ne parviens pas à joindre M. Renaudeau. Bien à vous, Pascal GUY