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22 - 07 - 2016

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Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 2

Musique militaire

3 ill2 12 560056detoure 50x56 Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 2

Tambour décoré de symboles de la Révolution © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP

La musique, chantée ou jouée sur des instruments, est présente dans toutes les armées depuis les périodes antiques. Jusqu’au XIXe siècle encore, elle sert à marcher en rythme, à encourager les soldats, à régler la vie quotidienne et la discipline dans le camp militaire, à fêter la victoire, à pleurer les morts, à se divertir… Elle est aussi un outil de communication indispensable sur le champ de bataille. Grâce à des codes, les instruments à vent et à percussion permettent de transmettre les ordres d’un bout à l’autre du champ de bataille, malgré les bruits de la guerre.

Les chants de la Révolution française

Lors de la Révolution française, le chant est un moyen d’expression populaire important. Les paroles de ces chants sont simples, énergiques et entraînantes. Ils sont créés par des anonymes ou bien par des artistes professionnels qui composent à la suite d’une commande officielle. Les trois plus connus, en dehors de La Marseillaise sont :

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira est entendu pour la première fois en mai 1790. Son auteur, Ladré, ancien soldat, chanteur des rues, adapte des paroles anodines sur l’air du Carillon national de Bécourt. Il utilise une phrase leitmotiv de Benjamin Franklin au moment de la guerre d’indépendance américaine : Ah ! ça ira ! Les révolutionnaires s’en servent contre l’aristocratie et le clergé. Selon les utilisateurs, les paroles évoluent. Par exemple le refrain – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Réjouissons nous, le bon temps reviendra – devient – Ah ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates à la lanterne. Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Les aristocrates on les pendra.

La Carmagnole est une chanson anonyme très populaire, créée en 1792 au moment de la chute de la monarchie.

Le refrain : Dansons la carmagnole Vive le son, vive le son, Dansons la carmagnole Vive le son du canon.

Le Chant du départ est un hymne à la liberté contre le despotisme. La musique est composée par Étienne Nicolas Méhul (1763-1817) sur des paroles de Marie-Joseph Chénier (1764-1811), deux artistes de renom à cette époque. Il est chanté à la bataille de Fleurus en 1794.

Le Tyrtée de la France

Rouget de Lisle a sans doute reçu une éducation musicale classique dans sa jeunesse. Il a ensuite développé, par lui-même, son goût pour la composition musicale et la poésie. C’est à partir de 1785 que l’on a des traces de certaines de ses productions.

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Demi-brigade d’infanterie légère, Première République. Figurines de carte réalisées à Strasbourg par les familles Wurtz et Pées entre 1825 et 1855. Exposées dans le cabinet des figurines du musée depuis 2016 © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP

Avant de composer Le chant de Guerre pour l’Armée du Rhin – nommé ensuite La Marseillaise – Rouget de Lisle est déjà connu à Strasbourg pour son Hymne à la Liberté. Il écrit les paroles et le célèbre Ignace Pleyel (1757-1831) en compose la musique. Cet hymne est joué à la fête de la publication de l’acte constitutionnel, sur la place d’Armes de Strasbourg, le 25 septembre 1791. Comme pour Le chant de Guerre pour l’Armée du Rhin, Philippe-Jacques Dannbach (1747-1812) l’imprime sous la forme de feuillets contenant une partition musicale avec les paroles. La plupart des chants et musiques sont ainsi imprimés et achetés à bas prix dans la rue. Les personnes qui savent lire et qui connaissent la musique peuvent à leur tour les diffuser autour d’eux.

Ecoutez Ha ! ça ira sur Gallica
Ecoutez La Carmagnole sur Gallica, par la Chorale populaire de Paris accompagnée du Grand Orchestre, dirigés par Peters Rosset
Ecoutez Le chant du départ sur Gallica, Georges Thill, ténor de l’Opéra, Musique de la Garde Républicaine, dirigée par Pierre Dupont 3:23.

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