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29 - 07 - 2016

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Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 4

5 ill1 10 516154 533x330 Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 4

Journée du 10 août 1792 © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP

Volontaires de 1792

Le 8 juin 1792, alors que la France est en guerre contre l’Autriche, la Hongrie et la Prusse l’Assemblée législative décrète la réunion de 20 000 gardes nationaux à Paris le 14 juillet : « considérant qu’il est avantageux de resserrer les liens de fraternité qui unissent les Gardes nationales de tous les autres départements avec celle de Paris ». Le roi oppose son véto mais l’Assemblée n’en tient pas compte.

Le chant des Marseillois

Les 25 et 26 juin, la municipalité de Marseille réunit environ 500 volontaires composés d’une majorité de Marseillais – prononcé alors Marseillois – mais aussi d’hommes originaires du reste du département des Bouches-du-Rhône. Le 22 juin, au cours d’une réunion patriotique à laquelle assistent de nombreux Marseillais, Étienne-François Mireur (1770-1798), membre actif d’un des clubs des Amis de la Constitution, entonne pour la première fois le Chant de Guerre pour l’Armée du Rhin. Le lendemain, le texte du chant est publié par le Journal des départements méridionaux et des débats des amis de la Constitution. Le jour du départ, les volontaires reçoivent un exemplaire imprimé du chant, ce qui suppose qu’ils savent lire ou bien qu’ils apprennent les paroles avec l’aide de leurs compagnons. Ils deviennent célèbres en raison de ce chant, entonné tout au long de la route vers Paris. On l’appelle alors Le chant ou La Marche des Marseillois, puis La Marseillaise. Ils arrivent, entre le 29 et le 30 juillet, à Paris où ils composent, avec les Bretons, l’un des plus gros bataillons.

Aux Tuileries, le 10 août

Le roi et son entourage résident – sous surveillance – dans le château des Tuileries depuis la tentative de fuite de 1791. Louis XVI espère que les récentes défaites militaires des révolutionnaires et le rapprochement des armées des princes étrangers aux frontières vont mettre fin à la Révolution. La déchéance du roi est réclamée. Lors de l’insurrection du 10 août 1792, le roi est conduit à l’Assemblée alors que la Garde nationale parisienne, unie aux fédérés, notamment brestois et marseillais, combat les 950 Gardes suisses aux Tuileries. L’Assemblée prononce ensuite la « suspension » du roi : c’est la fin de la monarchie. L’Assemblée convoque alors une Convention nationale en vue de prendre toutes mesures « pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la Liberté et de l’Égalité ».

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Arrivée des Marseillais à Paris le 30 juillet 1792 © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP

Sur le toit du palais des Tuileries flotte le drapeau tricolore
Mercure chevauchant Pégase, statue de Coysevox placée à l’entrée du jardin des Tuileries
Des nobles ou des bourgeois regardent la scène
Les volontaires portent un bonnet qui rappelle celui de la liberté
La femme symbolise le peuple
Les Gardes suisses coiffés de la « perruque Ancien Régime » s’enfuient

 

 

L’affaire Carnot

Après le 10 août, l’Assemblée législative envoie des commissaires dans les armées afin que chacun prononce un nouveau serment prouvant son adhésion à la Convention. Lazare Carnot (1753-1823) est l’un d’entre-eux. Le 25 août 1792, il arrive à Huningue avec ses confrères alors que le capitaine Rouget de Lisle y est ingénieur en chef. Ce dernier, comme d’autres officiers, refuse, il veut rester fidèle au serment de 1790. Carnot, qui est également capitaine du génie, essaie de le faire changer d’avis et l’interpelle : « Nous forcerez-vous à destituer pour cause d’incivisme l’auteur du Chant des Marseillais ? ». Il donne également l’ordre de jouer le nouveau chant national. Mais rien n’y fait, Rouget de Lisle est donc suspendu de ses fonctions.

En 1793, à la bataille de Wattignies – près de Maubeuge –, sous la direction de Jourdan et de Carnot, l’armée révolutionnaire aurait chanté La Marseillaise face aux Autrichiens. Carnot écrit aussi dans un rapport au Comité de salut public en 1794 : « La Marseillaise a donné dix mille défenseurs à la patrie ».

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Carnot chante La Marseillaise accompagné par un jeune tambour. C’est avec ce type d’image que la IIIe République forge les mythes de la Grande Révolution.

Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833), général de division brandit son chapeau pour rallier les soldats français.

À terre, un soldat autrichien reconnaissable à son uniforme blanc évoque la figure de l’adversaire.

Carnot à Wattignies, le 16 octobre 1793 peint par Moreau de Tours Georges (1848-1901) en 1892 © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP

 

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