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7 - 04 - 2017

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La Fayette nous voilà ! : épisode 14

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Affiche pour l’emprunt national de 1918 par B. Chavanaz. © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP Pascal Segrette

Des soldats français et américains sont assis ou debout sur un char Renault FT17. Cette affiche semble une illustration des propos de Pétain : J’attends les chars et les Américains. Une figure allégorique de la victoire dorée, comme une statue en bronze, se dresse sur la tourelle du char. Elle brandit une couronne de laurier, symbole de victoire et de gloire. Un soldat français est au premier plan, il empoigne fermement son fusil, baïonnette au canon. Près de lui, debout, un jeune soldat américain arbore le drapeau de son pays et désigne de son index tendu le champ de bataille reconnaissable aux explosions et à la fumée qui s’en dégage.

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Affiche pour l’emprunt de 1918 par Victor Prouvé (1858-1943). © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP Pascal Segrette

Les soldats alliés brandissent leurs drapeaux respectifs dans un formidable élan. Le soldat américain coiffé de son campaign hat est au premier plan, il suit les soldats britannique et français. Les rayons d’un soleil plein d’espoir mettent en valeur l’assaut des avions et des chars. Le slogan évoque plusieurs arguments en faveur de l’emprunt et notamment celui de la reconstruction et du dédommagement des « victimes de l’Allemagne ».

Arrivée des Américains en France

Welcome!

Le gouvernement français annonce l’arrivée des Américains comme la « bonne nouvelle » de 1917 et veut ainsi atténuer l’échec de l’offensive Nivelle au Chemin des Dames ainsi que la défection de la Russie. Les Sammies, surnom donné par les Français aux soldats américains en référence à la figure nationale américaine de l’oncle Sam, sont donc très attendus en France par les civils, comme par les militaires. D’autant que la presse française multiplie les articles et les reportages photographiques sur les États-Unis.

Dans ses mémoires, Pershing raconte son arrivée à Paris : Le voyage […] a été réglé de façon à nous faire arriver le soir, après la fermeture des ateliers et des bureaux ; ainsi, la population pouvait prendre part à la bienvenue improvisée. Ce qu’on voulait, c’est que les habitants vissent de leurs propres yeux que les Américains étaient réellement en train d’arriver. Dans le même esprit, le maire de Saint-Nazaire fait placarder une affiche par laquelle il demande aux habitants de montrer leur joie aux troupes américaines qui débarquent les 25 et 26 juin 1917. La correspondance provenant du front témoigne également de cette attente des Américains et de l’espoir qu’ils éveillent d’une victoire prochaine mettant un terme à un long conflit. Un soldat français écrit par exemple : Nous aurons les Américains pour le coup de boutoir. Ils vont attaquer, et très probablement la fin de la guerre viendra après ce grand coup.

Des Sammies pour l’emprunt

Les deux derniers emprunts français, en novembre 1917 et en octobre 1918 témoignent également de cette volonté de montrer les Américains, pour remonter le moral des civils et des militaires français, pour donner l’espoir d’une fin prochaine du conflit et pour démoraliser l’adversaire. Plusieurs affiches utilisent le drapeau américain, le Sammy en uniforme, souvent coiffé de son chapeau caractéristique.

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Les trois soldats placés au premier plan sont, de gauche à droite, italien, français et britannique. En dessous du nom de la banque, commanditaire de l’affiche, figure une victoire armée d’une couronne de laurier et d’un glaive. Elle encourage des troupes américaines dynamiques qui arborent le drapeau des États-Unis. L’artiste représente les Sammies qui donnent l’assaut coiffés de leur chapeau caractéristique, le campaign hat, et non du casque de type britannique, afin qu’ils soient plus facilement identifiables par les Français susceptibles de souscrire à l’emprunt.

 

Affiche pour le 4e emprunt de la Défense nationale 1918 par Lucien-Hector Jonas (1880-1947). © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP Pascal Segrette

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