Sélectionner votre langue : Français

15 - 04 - 2017

MA_La-Fayette_ep16

La Fayette nous voilà ! : épisode 16

MA BA La Fayette 1601 300x149 La Fayette nous voilà ! : épisode 16

La musique du 371e régiment d’infanterie américain. © Maurice, Boulay/ECPAD/Défense

Le 371e régiment d’infanterie américain, composé de troupes noires américaines originaires de la Caroline du Sud, fait partie de la 93e ID US. Ces Afro-Américains arrivent en France le 23 avril 1918 et sont détachés auprès de la 34e Division d’infanterie française, en juin 1918, pour servir dans le secteur de la Meuse. À Rembercourt, les troupes américaines suivent un entraînement aux tactiques françaises et reçoivent un équipement français, comme le casque Adrian, visible sur la photographie. Ils sont vêtus de l’uniforme de l’US Army. Le titre original de la photographie est : Rembercourt, camp américain, nègres du sud. La musique.

MA BA La Fayette 1602 300x209 La Fayette nous voilà ! : épisode 16

Débarquement de soldats noirs américains à la gare de Sommeilles, le 22 septembre 1918. © Collection BDIC

MA BA La Fayette 1603 300x218 La Fayette nous voilà ! : épisode 16

Groupe de soldats noirs américains en arrière des lignes en 1918, par Émile Camille Albert Le Play (1875-?). © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-GP Pascal Segrette

Installation des Américains en France

Ségrégation raciale

La ségrégation raciale, mise en œuvre après la guerre de Sécession, principalement dans le sud des États-Unis, par les « lois Jim Crow », est appliquée dans nombre de domaines : transports, éducation, lieux de culte… C’est à ce titre qu’un certain nombre d’hommes politiques s’oppose à la formation militaire des noirs américains. Pourtant environ 380 000 d’entre eux sont enregistrés lors des deux appels de 1917 et entrent dans l’US Army. En revanche, ils sont affectés à des unités bien distinctes pour régiments « de couleur » (Coloured) et installés dans des cantonnements séparés. Environ 200 000 d’entre eux partent pour l’Europe et forment les 92e et 93e divisions d’infanterie de l’US Army. Les quatre régiments de la 93e ID US sont répartis dans des divisions françaises. Le reste du contingent est employé à des travaux de manutention, de ravitaillement, etc.

The Harlem Hellfighters

La 93e division d’infanterie américaine de l’US Army est composée de plusieurs brigades de noirs et de Portoricains. La 185e brigade d’infanterie comprend quant à elle le célèbre 369e régiment dont les combattants ont été surnommés The Harlem Hellfighters, c’est-à-dire les “guerriers d’enfer de Harlem”. Ils portent généralement l’uniforme américain mais sont équipés d’armes françaises et coiffés du casque Adrian. Nombre d’entre eux ont obtenu des décorations et distinctions françaises pour leurs actions et leur courage.

Ces hommes ont été également appréciés des Français pour leurs talents musicaux et tout particulièrement pour la pratique du jazz qu’ils ont contribué à diffuser. En débarquant dans le port de Brest, James Reese Europe (1880-1919), célèbre pianiste, chef d’orchestre et compositeur noir aux États-Unis, fait jouer La Marseillaise à son groupe. Mais les Français n’identifient pas immédiatement leur hymne national dans cette musique rythmée et syncopée, le ragtime. Les autorités françaises reconnaissant l’importance du divertissement et de la musique pour le maintien du moral des troupes, organisent des tournées des Harlem Hellfighters dans les camps, les hôpitaux, les villes et les villages français.

MA BA La Fayette 1604 239x300 La Fayette nous voilà ! : épisode 16

 

Cette affiche a été commandée à Charles Gustrine en 1919 par le Committee on Public Information. Elle fait référence aux combats menés par les Harlem Hellfighters en France. Le slogan indique : Les hommes de couleur, les premiers Américains à avoir planté notre drapeau sur la ligne de tir. Le caporal Henry Johnson et le soldat Needham Roberts ont d’ailleurs été les premiers Américains à recevoir la Croix de Guerre décernée par les Français en reconnaissance de leur héroïsme. Sur le portrait d’Abraham Lincoln, vigilant et serein, se détache l’inscription “La liberté ne doit pas périr”.

 

 

 

Affiche américaine de 1918. © Washington, Library of Congress.

Ajouter un commentaire

* champs obligatoires