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13 - 07 - 2015

L'Habit de cérémonie du Maréchal Ney : épisode 3

L’habit de cérémonie du Maréchal Ney, épisode 3 : un maréchal, un habit, une cérémonie

L’habit de cérémonie du maréchal Ney, actuellement exposé au château de Fontainebleau, est remarquable par son prestige et sa rareté. Cet ensemble se compose d’un habit et d’une cape de cérémonie, qui furent portés par le maréchal Ney lors du sacre de Napoléon. Il est d’autant plus précieux que toutes les pièces ont une même origine et n’ont jamais été séparées. Portée sur l’habit, la cape dessine la silhouette digne et grandiose du maréchal de l’Empire tel qu’il s’est tenu, à Notre-Dame, le 2 de décembre 1804.

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Le sénatus-consulte du 18 mai 1804 proclamant Bonaparte « empereur des Français » sous le nom de Napoléon Ier mentionne le rétablissement de la dignité de maréchal, abolie par la Convention en 1793, pour quatorze généraux et quatre sénateurs. L’habillement de l’empereur, de l’impératrice, des princes et des grands dignitaires de l’Empire ainsi que des représentants du peuple étant prévu par un arrêté du 18 juillet, on peut donc estimer que la tenue de cérémonie du maréchal Ney a été réalisée entre cette date et le sacre de Napoléon Ier à Notre-Dame, le 2 décembre 1804.

L’habit et la cape sont les seules pièces qui subsistent à ce jour de la tenue de cérémonie portée par le maréchal Ney. Ce sont aussi les plus significatives, puisqu’elles distinguent nettement la tenue de cérémonie par rapport aux autres tenues des maréchaux de l’Empire, par la coupe et le choix des matières. Ces objets ont été conservés pendant plus de deux siècles par les descendants du maréchal. En 1964, lorsque ces pièces ont été confiées au musée de l’Armée, qui les a exposées jusqu’en 2008, elles étaient la propriété de la seule descendante directe du maréchal, Laetitia Ney d’Elchingen, princesse de la Moskowa (1940 – 2005).
Incarnation de la puissance, militaire et civile, du nouveau régime, les maréchaux arborent en tous lieux une abondante symbolique qui les désigne comme l’ornement et la gloire de l’Empire. Reprenant le dessin de ceux de l’Ancien Régime, leur bâton d’or est garni de velours bleu national semé d’aigles fulminantes, brodées ou plaquées. Il est gravé, sur la calotte supérieure, la devise des anciens maréchaux de France :

« Terror belli, decus pacis. » (« terreur pendant la guerre, ornement en temps la paix »)

L’habit bleu et la veste du grand uniforme sont brodés d’une frise de feuilles de chêne et de glands. Comme pour la grande tenue des généraux de division, cette broderie d’or forme un double rang au collet et aux parements, et court en un rang simple le long des pans de l’habit et des basques, sur les poches et la martingale ; les maréchaux portent également la broderie sur un rang simple le long des manches et dans le dos ; leurs boutons portent deux bâtons croisés. L’habit de petite tenue, porté au quotidien, est moins richement brodé.

Crédits photos :
© Musée de l'Armée / Pierre-Luc Baron-Moreau

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