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16 - 09 - 2016

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Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 14

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Affiche annonçant le transfert de la dépouille de Rouget de Lisle. Don de François Perrot, vice-président de l’Onacvg. inv. 2014.23.0 © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP 14-544683

« L’idée » du transfert

L’idée du transfert de la dépouille de Rouget de Lisle au Panthéon n’est pas nouvelle. Le 30 avril 1913, on peut lire dans le journal Gil Blas : « Ni Rouget de L’Isle, ni Chénier, ni Méhul n’ont eu les honneurs du Panthéon. La France n’a pas su marquer à Tyrtée sa reconnaissance. Injustice choquante, noire ingratitude qu’il conviendrait de réparer au plus tôt en célébrant l’apothéose de La Marseillaise et du Chant du départ par la translation au Panthéon des cendres de leurs auteurs ».

À partir de 1915, nombreux sont les journalistes et les hommes politiques qui répondent à l’idée du transfert de Rouget de Lisle. Jules-César Blancard, vieil original, auteur d’un texte intitulé Rouget de l’Isle au Panthéon qu’il envoie à différents hommes politiques, reçoit en retour d’une de ses lettres, datée du 15 mai 1915, une réponse de la présidence de la République indiquant que son « idée sera communiquée à M. le Président du Conseil, à qui il appartient de l’examiner en vue de la suite qu’elle peut comporter ».

L’idée du transfert parvient aussi à Choisy-Le-Roi qui commémore alors le 79e anniversaire de la mort de Rouget de Lisle. L’association Le Souvenir littéraire, qui a organisé la commémoration, fait à son tour la demande du transfert dans le journal Le Petit Havre du 29 juin 1915.

Début juillet 1915, tout le monde en parle. Le 5 juillet, Léo Poldès du journal Le Bonnet Rouge pose la question du transfert à plusieurs personnalités. Paul Painlevé, député de la Seine, déclare : « Célébrer en pleine guerre la gloire séculaire de La Marseillaise en transportant au Panthéon les cendres de Rouget de Lisle, c’est, je crois, la plus belle fête qu’on puisse imaginer durant cette période héroïque ». La question est également posée au célèbre reporter Pierre Giffard (1853-1922) qui rappelle qu’il a déjà publié un article favorable à ce transfert le 26 avril 1915, dans Le Petit Parisien.

Le 6 juillet 1915, la décision est votée en urgence par le conseil municipal de Paris, puis le Conseil de ministres décide le transfert au Panthéon. Il ne reste alors que quelques jours pour organiser la cérémonie du 14 juillet !

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Dubost

Deux destinations pour un corps

Pierre Giffard indique alors qu’il paraît difficile, en si peu de temps, de recueillir l’avis favorable des deux Chambres – la Chambre des députés et le Sénat – et de faire voter la loi du transfert, indispensable à l’accueil de la dépouille d’une personnalité au Panthéon. Le secrétaire de la présidence de la Chambre des députés, Eugène Pierre (1848-1925), rappelle également qu’un acte législatif est impératif pour permettre une entrée d’une personne au Panthéon.

Les parlementaires sont en vacances. Ni Antonin Dubost (1844-1921), président du Sénat, ni Paul Deschanel (1855-1922), président de la Chambre des députés, ne veulent prendre la décision de se passer du vote des deux Chambres.

La décision de transférer Rouget de Lisle au Panthéon est prise le 10 juillet (ou le 11) par le Conseil des ministres et est publiée le jour même au Journal Officiel. La municipalité de Choisy-Le-Roi est également prévenue à ce moment.

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Deschanel

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Affiche annonçant le transfert de la dépouille de Rouget de Lisle © Nanterre, Bdic, musée d’histoire contemporaine

L’affiche ci-contre a été imprimée puis placardée à Choisy-Le-Roi le 12 juillet 1915, à l’occasion du transfert des cendres de Rouget de Lisle de Choisy-Le-Roi à Paris. Le maire de la ville, Augustin Rondu, s’adresse à ses concitoyens afin des les réunir à la mairie, le 13 juillet, pour rendre hommage à l’auteur de La Marseilaise. Le texte précise à deux reprises que le corps doit désormais reposer au Panthéon.

Le 13 juillet 1915, le gouvernement, soucieux de ne pas empiéter sur les prérogatives du Parlement, décide par décret de transférer la dépouille de Rouget de Lisle à l’Hôtel national des Invalides, sachant qu’une décision législative n’est pas nécessaire à cette fin.

L’affiche officielle et définitive, ci-dessus, imprimée et placardée à Paris n’est pas signée. Elle détaille le programme de la journée et surtout les noms des personnalités et représentants officiels qui doivent être présents. Dans la première ligne du titre, ce n’est plus le Panthéon qui est mentionné, mais l’Hôtel des Invalides.

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