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12 - 08 - 2016

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Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 7

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Une des nombreuses gravures s’inspirant du médaillon de David d’Angers. Elle est réalisée par Jean-Baptiste Bréval (1753-1823). Les deux vignettes qui l’accompagnent sont dessinées par Nicolas-Toussaint Charlet (1792-1845). Les Volontaires de l’Armée du Rhin (1849) est une pièce en deux actes et trois tableaux de Mauclerc, saluée par Pierre-Jean de Béranger et le député républicain de gauche Félix Pyat, qui est jouée dans toute la France.

La révolution de 1830

La Marseillaise est chantée lors de la révolution de 1830. Un médaillon, largement diffusé, réalisé un an plus tôt par le sculpteur David d’Angers, permet également de se souvenir de son auteur. Louis-Philippe, qui est alors lieutenant général du royaume, accorde une pension de quinze cents francs à Rouget de Lisle. Ce dernier est prévenu par une lettre citée dans Le Moniteur du 6 août 1830 : « L’Hymne Marseillais a réveillé dans le cœur de M. le duc d’Orléans des souvenirs qui lui sont chers. Il n’a pas oublié que l’auteur de ce chant patriotique fut un de ses anciens compagnons d’armes. » Le 6 décembre de la même année, sur l’intervention de son ami le général François-Ange-Alexandre Blein (1767-1845), Rouget de Lisle est décoré de la Légion d’honneur. Enfin, en 1832, sur les sollicitations de Pierre-Jean de Béranger (1780-1857), il obtient deux autres pensions de mille francs chacune. Pourtant, La Marseillaise est proscrite par le gouvernement dès 1831. Elle devient le signe de ralliement dans les prisons et pour les républicains victimes des répressions de 1831 et 1834.

Témoignage d’un sculpteur

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Estampe de Lezoux, graveur, album Louis-Philippe © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP

« En 1827, M. Grégoire, ancien évêque de Blois, me chargea de remettre à l’auteur de La Marseillaise une somme produite, disait-il, par la vente de sa musique ; la musique était dans l’armoire, et Grégoire donnait l’argent. Ce fut avec un véritable bonheur que je saisis l’occasion de voir cet homme illustre dont ma mère m’avait appris le chant patriotique. Je me présentai, tout ému, 23 rue du Battoir ; au premier étage d’un petit escalier sombre, une vieille femme m’ouvrit la porte et m’introduisit dans l’unique chambre où gisait Rouget de Lisle. Je m’approchai avec émotion du pauvre malade, et, malgré tout mon enthousiasme, je ne pus réprimer un mouvement intérieur, en voyant mon idéal enfoui sous un bonnet de laine. Il était impossible de retrouver, dans cet amas de guenilles et d’infirmités, l’auteur de l’hymne qui réveillera éternellement la liberté dans le cœur des peuples. Je lui dis que je voulais faire son portrait. Il refusa obstinément; mais je revins le lendemain avec de la terre ; je m’établis dans sa mansarde, et il comprit qu’il n’y avait plus à reculer. On l’enveloppa de couvertures, et le pauvre rhumatisant se tint à peu près droit sur sa chaise. Pour le tirer de son engourdissement, je lui demandai l’histoire de La Marseillaise […] Lorsque mon travail en marbre fut terminé, je l’offris à M. Laffite, qui m’engagea à le mettre en loterie sur quatre-vingts billets à vingt francs. La souscription fut bientôt couverte […] L’argent fut remis à Rouget de Lisle. »

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En 1833, Émile Rogat (1770-1852) réalise deux médailles métalliques d’environ 5 cm de diamètre sous la direction de David d’Angers. Ci-dessus, médaille en cuivre, musées de Lons-le-Saunier, Inv. SN © musées de Lons-le-Saunier / David Vuillermoz

Le sculpteur Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856) évoque ainsi sa rencontre avec Rouget de Lisle, alors âgé de 67 ans. Le médaillon, de 60 cm de diamètre, sculpté en marbre, qu’il termine en 1829, présente le profil droit de Rouget de Lisle, cheveux courts à la mode romantique. Les couplets de La Marseillaise sont gravés autour du portrait. Il est vendu en loterie au profit de Rouget de Lisle en 1830. De nombreuses répliques, très largement diffusées, sont réalisées en marbre et en bronze. David d’Angers fait également connaître le médaillon par la gravure. En 1844, il offre une réplique du médaillon en marbre pour le monument de Rouget de Lisle à Thiais.

Un autre portrait contemporain

Rouget de Lisle vit chez le couple Voïart depuis 1830, dans un pavillon situé au 4 rue des Vertus à Choisy-le-Roi – actuelle 6 rue Rouget de Lisle. Jean-Baptiste Voïart (1757- ?), portraitiste, pastelliste et miniaturiste, exécute en 1835 un portrait au pastel de Rouget de Lisle, aujourd’hui conservé dans les collections du château de Versailles. Le portrait ci-contre est une copie réalisée en 1840 par Jean-Baptiste Voïart lui-même, à la demande de la Société d’émulation du Jura. Il révèle que Rouget de Lisle avait les yeux bleus. Le ruban rouge est sans doute celui de la Légion d’honneur qu’il a obtenue en 1830. Ce portrait est exposé au musée des Beaux-Arts de Lons-le-Saunier.

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Portrait en buste de Rouget de Lisle, 1840, pastel de Jean-Baptiste Voiart. Don Société d’Émulation du Jura – musées de Lons-le-Saunier, Inv. L 22 © musées de Lons-le-Saunier / Jean-Loup Mathieu

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