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5 - 02 - 2021

Modélisation 3D comparée de deux exemplaires de masques mortuaires

Le Musée enquête, en vue de la prochaine exposition « Napoléon n’est plus »

À l’occasion de la prochaine exposition « Napoléon n’est plus » (co-organisée avec la Fondation Napoléon), revenons sur les circonstances de la mort de l’Empereur à partir des analyses des masques mortuaires et… de la boîte contenant les clés du tombeau de Napoléon.

 

À travers le martyre de Sainte-Hélène, la mort de Napoléon devient apothéose, et sa figure gagne l’immortalité. S’emparant du sujet, l’exposition Napoléon n’est plus revient également à des problématiques plus concrètes et fait un pas de côté. Depuis deux siècles, les sources historiques classiques (récits, témoignages, archives) ont été presque exhaustivement étudiées.

En s’adjoignant le concours d’autres sciences telles que l’archéologie, la médecine et la chimie, l’exposition entend renouveler l’approche d’un sujet qui aujourd’hui encore fait l’objet de vives polémiques.

 

La problématique des masques mortuaires de Napoléon

Modélisation 3D comparée de deux exemplaires de masques mortuaires
©C2RMF / C.Hochart

 

La question des masques mortuaires fait partie de ces sujets brûlants : qu’est devenue la première empreinte en négatif ? Le premier tirage existe-t-il ? D’où proviennent les masques que l’on retrouve abondamment aujourd’hui ?

Le travail d’enquête est rendu compliqué par le Dr Antommarchi, médecin de l’Empereur à Sainte-Hélène, qui a lancé, en 1833, une souscription afin de produire les masques à une échelle quasi industrielle.

Aujourd’hui, de nombreuses institutions conservent un ou plusieurs masques mortuaires de Napoléon : comment ces masques sont-ils reliés entre eux ? Peut-on établir des familles, des généalogies ? Peut-on retrouver le « vrai », le premier masque, au plus près du visage de Napoléon ? Ce sont autant de questions qui ont conduit l’équipe du commissariat de l’exposition Napoléon n’est plus à faire appel au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) pour l’associer au projet.

 

À la recherche du vrai masque

Afin de mener à bien l’étude, la première étape a été de déterminer un corpus de travail. Huit masques ont ainsi été sélectionnés, ayant tous en commun d’avoir pu, à un moment, être considérés comme « le vrai masque ».

Ces pièces viennent d’institutions prestigieuses en France et au Royaume-Uni. Les opérations commencent avec un constat d’état et une étude technique approfondis réalisés par une restauratrice spécialisée dans le travail du plâtre. Les masques sont envoyés dans les différents laboratoires au sein du C2RMF pour y être radiographiés, modélisés en 3D et subir des micro-prélèvements. Il s’agit de connaître dans le détail leur structure et matériaux constitutifs. Les études sont actuellement en cours et seront présentées de manière pédagogique à travers des dispositifs multimédias aux visiteurs de l’exposition qui ouvrira ses portes le 31 mars 2021.

 

Une deuxième piste : enquête auprès des gardiens du tombeau

Un autre champ d’exploration pour cette autre manière de se rapprocher de l’histoire, est de pouvoir ouvrir des portes fermées à tout jamais. Depuis 1841, on conserve aux Invalides une boîte gainée de maroquin, fermée par un ruban fixé par un sceau de cire, portant l’inscription :

« CLEFS DU SARCOPHAGE DE L’EMPEREUR NAPOLÉON 1840 ».

 

Pour les gouverneurs des Invalides, puis les directeurs successifs du musée de l’Armée qui ont repris la mission, cette boîte est le symbole de leur rôle de « gardien du tombeau de l’Empereur ». Pas question de l’ouvrir, mais il est possible de connaître ce qu’elle contient.

 

Examen radiologique de la boîte contenant les clefs du cercueil de Napoléon
© Service d’imagerie Dr. Mazetier Clinique du Louvre

 

L’examen mené à la clinique du Louvre en juillet 2020 révèle, cachée dans le sceau de cire, la toute petite clef du coffret. Dans la boîte même, on reconnait la silhouette ouvragée de deux grandes clefs dont l’anneau est orné d’une « N » impériale, ainsi que celle d’une clef très simple, en fer, dont le pennon est identique : sans doute la clef « pratique », par opposition aux deux clefs d’apparat.

Il reste un mystère : qu’ouvre donc la cinquième clef, de type complètement différent ? Une piste pour de nouvelles recherches…

 

Venez voir les résultats des enquêtes du Musée à partir du 31 mars, à l’occasion de l’exposition Napoléon n’est plus.

 

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